dimanche 6 mai 2007

TV Profits


Avec la multiplication des chaînes spécialisées sur les réseaux de télévision, les téléspectateurs n’ont jamais eut autant de choix d’émissions. Pourtant lorsqu’on regarde les côtes d’écoute, nous sommes bien loin de battre des records. Et ça semble être la même chose au niveau des profits…

Un récent rapport du CRTC indiquait que les profits de la télévision conventionnelle (les chaînes dites gratuites) ne cessaient de diminuer. Ainsi, pour l'ensemble des chaînes au Canada, les bénéfices étaient passés de 242,2 millions en 2005 à 91 millions en 2006.

Par contre, les services de télé spécialisée et à la carte ont connu leur plus forte croissance depuis cinq ans: leurs revenus totaux ont augmenté de 12,4 % dans l'année. Ce sont des revenus qui atteignent maintenant 2,5 milliards de dollars au pays (2,2 milliards en 2005), pour des bénéfices avant impôt de 572,7 millions. Au Canada, on compte 136 chaînes spécialisées, sans parler des quelques chaînes de télévision payante et des nouveaux services à la carte et de vidéo sur demande.

Si les Québécois connaissent bien la vingtaine de chaînes francophones, comme Canal D, Vrak, RDI ou MusiquePlus, le Canada anglais a vu des dizaines de chaînes se développer, sur les sujets les plus variés et souvent les plus étonnants. Plusieurs chaînes de cuisine, de mode et de sport cohabitent. On peut ainsi trouver la chaîne Gaming, consacrée aux jeux, The Fight Network, sur la boxe et la lutte, The Fishing Network, pour les fous de la pêche, Book.tv, pour les amateurs de littérature, une flopée de chaînes ethniques... et quelques chaînes axées sur le sexe !

Au Québec, toutefois, si la plupart des chaînes spécialisées sont vraiment très rentables, comme on peut le voir dans le tableau, certaines chaînes récentes offertes uniquement en mode numérique en arrachent. Par exemple, sans faire de jeux de mots poches, la chaîne Argent manque littéralement d’argent !


Ainsi, Argent, chaîne spécialisée en informations financières, fait face à des pertes de deux millions en 2006 (après une perte de 1,6 million en 2005). Ses revenus sont de 1,3 million, pour des dépenses de 3,4 millions. Les deux autres chaînes de TVA en arrachent aussi alors que Prise2 essuie une perte de 1,3 millions alors que Mystère s’enfonce également dans le rouge avec une perte de 1,9 millions.

On notera que RDS est la chaîne la plus importante au chapitre des revenus, et le succès du hockey y compte évidemment pour beaucoup. Le sport est très rentable aussi puisqu'au Canada anglais c'est TSN qui trône également au sommet, avec des revenus de 201 millions et des dépenses de 152,5 millions. RDS a également lancé une petite chaîne de manchettes sportives, RIS, qui se porte pas trop mal pour le moment: des revenus de 4,7 millions et des dépenses de 3,1 millions, pour un bénéfice de 1,5 million.

En terminant, le CRTC a tenu le 27 mars dernier une audience publique pour décider quelles chaînes devront être offertes au service de base du câble et du satellite en mode numérique. Certaines chaînes, comme Radio-Canada, TVA et Télé-Québec, sont considérées comme «obligatoires» sur tout service de distribution. Mais le CRTC doit décider si, dans l'avenir, des chaînes comme TV5, RDI ou MétéoMédia seront reconnues au service de base numérique, comme elles l'ont demandé. La décision du CRTC est évidemment attendue avec impatience par les demandeurs.

Voyons voir ce qui adviendra de la télévision québécoise mais il ne faudrait pas se surprendre de retrouver une chaîne spécialisée sur le scrapbooking, le tricot ou la mini-putt !