jeudi 27 août 2009

Sur les traces du Premier ministre…


Toujours à une vingtaine de kilomètres de Sherbrooke se trouve le petit village de Compton. Avec le développement des Cantons de l’est à la fin du 19e siècle, des milliers d’immigrants viennent s’installer dans la région à la recherche de bonnes terres agricoles ou d’opportunités industrielles. C'est le cas de Jean-Baptiste-Moïse St-Laurent, qui quitte Sherbrooke en 1878 pour s'installer à Compton.

Jean-Baptiste-Moïse tentera sa chance en achetant un des 5 magasins général du village. Il le nommera de façon très originale J.B.M. St.-Laurent ! En 1881, il unit sa destinée à celle de Mary Ann Broderick, une jeune fille de descendance irlandaise. De cette union naît, le 1er février 1882, Louis Stephen St-Laurent, le premier de six enfants. Ce nom allait un jour passer à l’Histoire.

Louis St-Laurent deviendra Premier ministre du Canada 1948. Rien ne le destinait pourtant à la politique. Élève fort doué au Séminaire de Sherbrooke, il excelle particulièrement dans les langues puisqu’il a été élevé en français par son père et en anglais par sa mère. Il déménage ensuite à Québec où il poursuivra des études universitaires en droit. Il se démarque encore une fois en maîtrisant autant le Code civil français que la Common Law britannique. St-Laurent croit d'ailleurs résolument à l'utilité des deux systèmes et à leur cohabitation. Il ouvre son cabinet en 1908 et sera reconnu partout au Canada comme l’un des meilleurs juristes du pays.

En novembre 1941 décède l'honorable Ernest Lapointe, principal adjoint du premier ministre Mackenzie King au Québec. Vu son incroyable expérience, le poste de ministre de la Justice est alors confié à Louis S. St-Laurent . Réticent à se mêler de politique, St-Laurent acquiesce néanmoins. Il déclare accepter cette fonction par devoir et seulement pour la durée de la guerre.

Une fois la guerre terminée, St-Laurent demande à être relevé de son engagement politique afin de retourner à son cabinet. Mais le premier ministre refuse. King a besoin d'hommes pour la reconstruction d'après-guerre. Quelques mois plus tard, St-Laurent est donc nommé secrétaire d'État aux Affaires extérieures. Il participera à la création de l’Organisation des Nations Unies et de l’OTAN.

King démissionnera en 1948 et les membres du Parti libéral porteront St-Laurent comme chef du parti et Premier ministre par intérim. Il sera élu en 1949 jusqu’en 1957. Moins connu des historiens, Louis-St-Laurent a quand même marqué grandement l’histoire du pays. Il sera le premier à oser nommer un gouverneur général d'origine canadienne, le très honorable Vincent Massey. C'est aussi pendant son premier mandat que Terre-Neuve devient, le 31 mars 1949, la dixième province canadienne. Il s'attaque à des projets de grande envergure comme la route transcanadienne et la voie maritime du Saint-Laurent. Il poursuit aussi sa politique sociale : allocations familiales, assurance-chômage, pensions de vieillesse, aide aux universités et création du Conseil des arts.

St-Laurent est défait par le conservateur John Diefenbaker en 1957. À l'âge de 75 ans, il se retire de la politique et reprend la tête de son cabinet d'avocats. Louis Stephen St-Laurent s'éteint le 25 juillet 1973, à l'âge de 91 ans. Après des funérailles d'État à Québec, son corps est transporté à Compton où il est toujours inhumé de nos jours.

Parc Canada a donc décidé de donner accès au Magasin général ainsi qu’à la maison familiale des St-Laurent. Pour la modique somme de 3,90$, vous aurez droit à une visite guidée du magasin de Jean-Baptiste tel qu’il était au tournant du 20e siècle. Il est fort intéressant de constater que les marques de commerce utilisées de nos jours se trouvaient déjà sur les tablettes il y a plus de 100 ans.


La visite de la maison est aussi pertinente. Petite bicoque de style britannique datant de 1899, la résidence familiale a été très bien préservée. Les St-Laurent n’étaient pas pauvres sans être une famille d’aristocrates. Ne cherchez pas la salle de bain, elle n’existe pas ! À l’époque des bécosses, on se servait plutôt d’une chaise d’aisance comme celle-ci. Sous le très floral coussin se dissimulait… le pot de chambre !






Pour conclure la visite, vous pourrez être informé sur la vie de Louis St-Laurent à l’aide d’une présentation multimédia située dans l’ancien entrepôt du magasin général ! D’une durée de 20 minutes, le diaporama compilent images, extraits d’entrevue, archives vidéos, objets de tout sorte et j’en passe. Vous êtes assis sur un tabouret et à vous tournez à mesure que la présentation se déroule, fort ingénieux !

Considérant le coût ridiculement bas de cette activité, c’est pratiquement une obligation d’arrêter visiter la maison Louis St-Laurent si vous passez à Compton. Ceci vous permettra d’en apprendre plus sur un des Premiers ministres canadiens les plus sous-estimé de l’Histoire.

1 commentaire:

Stéphanie a dit…

Merci beaucoup pour cette tranche d'histoire. Très intéressant.